Bonne fête papa !
Une fois n'est pas coutume, ce n'est pas de cuisine (quoique...) mais de voile dont je vais vous parler aujourd'hui. Car c'est difficilement avec cuillères et fourchettes que je vais rendre hommage à mon papa chéri mais plutôt en faisant appel à mon tout petit vocabulaire marin.
Il y a plus de 30 ans, mon petit papa, tu as mis les voiles et embarqué maman sur ton navire fou. Après quelques mois de folle équipée, tu as finalement jeté l'ancre pour devenir capitaine de navire, chef de famille. Ce rôle te convenait-il ? Il me semble quand même que tu préférais la mer à la plage, les hauts sommets aux petits pâturages et les copains à ta petite famille. Mais ça, c'est d'un autre temps.
Quand il a fallu, tu étais là, solide comme ton mât, sur le pont, pour contrer vents et marées et tenir droit la barre. Dans ce monde agité tu as tenu ton cap et tels de petits matelots, nous avons suivi ton sillage. Pas toujours aisé de marcher dans tes pas et d'être à la hauteur de ce capitaine là...
Pendant longtemps, nous avons donc suivi, Sam et moi et obéit à tes injonctions toujours posées : hisse la grand voile, abat, vire, remonte l'ancre, met les parbatages... Nous avons bien essayé quelques fois de voler vers d'autres horizons que ceux tu nous destinais mais ton regard de vieux matelot expérimenté nous rappeler à l'ordre ;-)) Si si ;-))
Doucement, nous avons quand même grandi et plutôt que rester près de toi dans le cockpit, j'ai bientôt préféré la proue du bateau qui m'ouvrait à de plus larges vues. Quel serait mon avenir ? Pour nous, tu as toujours voulu le meilleur et j'espère que nous ne t'avons pas déçu.
Maintenant, j'ai mon propre navire, ma propre petite famille à embarquer dans le grand flot de la vie. Toi, tu mets les voiles régulièrement mais je sais que tu es toujours là, prêt de moi pour veiller à ce que je garde le bon cap ;-))
Et pour en revenir une minute à la cuisine, tu n'es peut-être pas celui qui m'a tout appris dans ce domaine mais tu étais là, consciencieux et j'ai le souvenir de ce petit carnet ou tu notais à la lettre les recettes de ta maman pour nous les refaire du mieux que tu pouvais. Souvent les mêmes choses, pas toujours réussies, mais toujours avec amour. Tu étais également là pour goûter à tous mes petits plats et réparer les sottises que je pouvais faire en cuisine.
En ce jour de fête des papas, j'ai préparé des petits mendiants au chocolat salés et épicés qui, je suis sure, te plairaient beaucoup. J'en ferai de nouveaux pour toi quand Boibarbu sera rentré au port.
Aujourd'hui, je pense à toi et aussi à un autre papa qui n'est plus là... Je t'aime.
Mendiants au chocolat salés et épicés (d'après Mercotte)
1°/ Faire fondre la quantité de boules Xocopili Valrhona au bain-marie sans jamais dépasser 55°. Descendre le chocolat à 28° et remonter à 31°. Cela s'appelle le tempérage.
2°/ Etaler le chocolat en ronds assez fins sur une feuille de papier sulfurisé à l'aide du dos d'une cuillère. Parsemer de tomates séchées, pignons, pistaches, parmesan, fleur de sel... Et laisser simplement cristalliser (cela peut prendre plusieurs heures par de fortes chaleurs). Réserver dans une boite au réfrigérateur et déguster pour l'apéritif.
J'ai remarqué que ces mendiants dérangent. Des mendiants salés et épicés, c'est bizarre... alors ça ne plaît pas à tout le monde. Personnellement, j'adhère souvent par principe à toutes les nouveautés et bizarreries. Et là, après dégustation à plusieurs reprises, j'adore !
